Posts Tagged ‘beatnik’

Apocalypse, cannibalisme et truites : The Road, Cormac McCarthy

23 novembre 2009

Nous changerons bientôt de décennie, l’an 2000 est clairement une chose du passé, on pourrait penser que les peurs et les phantasmes millénaristes sont derrière nous, et pourtant jamais l’Apocalypse ne s’est aussi bien portée. C’est particulièrement vrai à Hollywood. On pense à tous ces films sortis ces dernières années, parmi lesquels Le jour d’après, Prédictions, ou encore 2012

Bientôt sur nos écrans, The Road (La route), adaptation du roman de Cormac McCarthy paru en 2006 dans sa version originale. Un roman qui a reçu de nombreux prix (dont le Pulitzer), une adaptation ciné qui ne peut qu’intriguer. Un acteur principal généralement convaincant (Viggo Mortensen, magistral chez Cronenberg : A History of Violence, Les promesses de l’ombre), une bande-son composée par les meilleurs musiciens australiens qui soient (Nick Cave et Warren Ellis, compagnon de route de Nick Cave au sein des Bad Seeds et violoniste du trio Dirty Three), un précédent ouvrage de Cormac McCarthy porté à l’écran par les frères Cohen avec brio (No Country for Old Men)… c’est presque trop d’ingrédients du succès réunis à l’avance.

Pour me faire une idée, je suis donc allé lire The Road dans le texte, quelques jours avant la sortie du film en salles (le 2 décembre en France). Lisez la suite de cette entrée »

La musique pour le peuple ! – Nicolas Juillard au Palais de Tokyo, du 1er au 30 septembre 2009

11 septembre 2009

Music for Masses #2, Nicolas Julliard - (c) Palais de Tokyo 2007

Nicolas Juillard, jeune artiste français établi à Taipei, expose Music for Masses #2 au Palais de Tokyo jusqu’au 30 septembre. Une œuvre présentée dans la rubrique “Répondeur” de la newsletter du Palais de Tokyo.

Le concept de Music for Masses #2 : un dispositif-machine capte les ondes FM en transit dans l’espace public et en restitue des bribes, sous la forme d’un flux sonore continu mais chaotique, également décrit comme un “chant dada médiatique”. La note de présentation de l’œuvre évoque les travaux d’expérimentation sonore de Brian Eno et d’Erik Satie. Le résultat, on s’en doute, est assez déroutant.

L’œuvre est accessible sur internet, diffusée sous la forme d’un podcast, utilisé ici comme  forme moderne du répondeur téléphonique. Au-delà de la référence à Eno et Satie, cela m’inspire plusieurs remarques. Lisez la suite de cette entrée »

Hit the Road, Jack!

2 février 2009

Jack Kerouac

Je suis toujours dans la lecture d’un recueil de poèmes de la génération Beat de la Côte Ouest, acheté à la librairie City Lights à San Francisco cet été. J’en suis à la section Jack Kerouac.

Était un temps où voyager égalait luxe. La Belle Epoque… Puis il y a eu le Titanic. Moi j’ai dans mon passeport des visas d’Ukraine, du Maroc, du Japon, de Thaïlande, d’Indonésie, etc. Maintenant on ne s’en soucie guère. Selon une étude de la Sofres réalisée fin 2005, « Voyager beaucoup » n’est pas un objectif de vie prioritaire pour les Français…

Dans les années 50, Kerouac et les beatniks ont réinventé le voyage comme instrument de liberté : la route de l’un à l’autre, la veste sur l’épaule, le moment romantique, le it et la blue note… Amusant comme Kerouac, ce chantre de la liberté, des voyages, exerçait par moments la profession de serre-frein pour les compagnies ferroviaires américaines. Pas vraiment compatible, hein ? « Taille la route, Jack ! »