Apocalypse, cannibalisme et truites : The Road, Cormac McCarthy

23 novembre 2009

Nous changerons bientôt de décennie, l’an 2000 est clairement une chose du passé, on pourrait penser que les peurs et les phantasmes millénaristes sont derrière nous, et pourtant jamais l’Apocalypse ne s’est aussi bien portée. C’est particulièrement vrai à Hollywood. On pense à tous ces films sortis ces dernières années, parmi lesquels Le jour d’après, Prédictions, ou encore 2012

Bientôt sur nos écrans, The Road (La route), adaptation du roman de Cormac McCarthy paru en 2006 dans sa version originale. Un roman qui a reçu de nombreux prix (dont le Pulitzer), une adaptation ciné qui ne peut qu’intriguer. Un acteur principal généralement convaincant (Viggo Mortensen, magistral chez Cronenberg : A History of Violence, Les promesses de l’ombre), une bande-son composée par les meilleurs musiciens australiens qui soient (Nick Cave et Warren Ellis, compagnon de route de Nick Cave au sein des Bad Seeds et violoniste du trio Dirty Three), un précédent ouvrage de Cormac McCarthy porté à l’écran par les frères Cohen avec brio (No Country for Old Men)… c’est presque trop d’ingrédients du succès réunis à l’avance.

Pour me faire une idée, je suis donc allé lire The Road dans le texte, quelques jours avant la sortie du film en salles (le 2 décembre en France). Lisez la suite de cette entrée »


“Mon nom est Ensor. James (art) Ensor” : James Ensor au Musée d’Orsay, Paris, du 20 octobre 2009 au 4 février 2010

16 novembre 2009

Je suis un artiste belge, né à Ostende en 1860 et mort en 1949, à la fois vaguement familier et encore relativement méconnu du grand public. Partagé entre inspiration classique (les maîtres flamands) et coups de génie modernes, j’ai produit une œuvre (peintures et dessins essentiellement) éclectique et fascinante, dont le Musée d’Orsay, à Paris, propose une rétrospective jusqu’au 4 février 2010.

James Ensor, Le lampiste, 1880Fortement influencé par l’école flamande, je produis à l’âge de vingt ans des tableaux dans la veine réaliste, mais témoignant déjà d’une recherche originale et poussée sur les volumes (Le Lampiste, une œuvre qu’on dirait pré-cubiste, datant de 1880) et la lumière (Après l’orage (1880) ou La Grande vue d’Ostende (1884) préfigurent tous deux les impressionnistes). Lisez la suite de cette entrée »


Brèves de quali #003 – Sport, superstitions et autres chats noirs

9 novembre 2009

Poupée vaudou en maillot de l'équipe de football US, distribuée par le magazine Récord aux supporters mexicains - Photo (c) AP/Gregory Bull

N’est pas Tony Musulin qui veut. Pour qui n’a pas la chance de s’évaporer au volant d’un camion contenant 11,6 millions d’euros, il reste toujours la possibilité de tenter sa chance aux jeux ou aux paris sportifs. Mais gare aux superstitions…

“En sport, la superstition, c’est la pensée magique : se remettre dans les conditions psychologiques de l’acte positif… Mais pas pour moi ! Ça porte malheur, la superstition ! Aujourd’hui, un chat noir a traversé devant ma voiture. Ben, ça m’a rien fait !” (homme, 25-35 ans, Paris, sept. 2009)

(Brèves de quali, ce sont, sur le modèle des célèbres Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio, des phrases réellement prononcées ou écrites par de “vraies gens”, au détour d’une étude qualitative ou d’un questionnaire, et scrupuleusement notées et retranscrites par l’auteur de ce blog).


Artmeeting #003 – Nick Grey : “Renouer avec la notion de plaisir pur en musique”

7 novembre 2009

Nick Grey Sings The Ghosts - Courtesy Nick Grey

Artiste prolifique, Nick Grey multiplie depuis 2002 les aventures musicales décalées et les collaborations les plus prestigieuses avec des pointures de la scène expérimentale (le collectif 48 Cameras, Tony Wakeford de Sol Invictus, Charlemagne Palestine, Martyn Bates de Eyeless In Gaza, etc.). Ses compositions évoluent entre folk délicat, ballades nostalgiques, pièces instrumentales épiques à la Silver Mount Zion et autres envolées lyriques.

Résidant pour partie à Monaco, pour l’autre au Québec, il a accepté de jouer le jeu de l’interview, par email. Loin de tout effet de mode, avec le flegme et le talent qui le caractérise, il revient pour Morningmeeting sur ses collaborations et sa discographie déjà conséquente, la notion de plaisir pur en musique, son apprentissage du jeu de guitare, sa vision de la production, de l’édition et de la diffusion de musique, son travail d’illustrateur sonore et ses projets à venir. Lisez la suite de cette entrée »


Back to (Art) School: série “School of Saatchi”, à la recherche de la nouvelle star de l’art britannique, fin novembre sur la BBC

2 novembre 2009

Saatchi Art Sensation - School of Saatchi, une production Shine International pour la BBC

School of Saatchi, c’est le nouveau nom du programme TV, sponsorisé par la BBC, Saatchi’s Best of British (lire, au sujet de la mini-polémique qu’il a déclenché, ce billet datant d’avril dernier).

Bien que rebaptisé, le projet reste le même dans son principe : les candidats soumettent, via un site web dédié, leurs œuvres à un jury qui invite les six plus talentueux d’entre eux à suivre un trimestre de formation dans une école d’art spécialement créée pour l’occasion. Les six lauréats montent ensemble leur première exposition collective. A l’issue de cette première exposition, Charles Saatchi choisit lui-même un grand gagnant, qui aura le privilège d’exposer au Musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg, dans le cadre de l’exposition Newspeak: British Art Now.

Les différentes étapes de cette compétition ont été filmées et montées par la société de production Shine International pour la BBC, et seront diffusées fin novembre sur BBC2, sous la forme d’une série de quatre épisodes de 60 minutes.

En attendant la diffusion, et pour en savoir plus, vous pouvez lire le communiqué de la BBC et celui de la Saatchi Gallery, et bien sûr revenir sur le fond de l’affaire en (re)lisant ce billet.


Mode et art contemporain : expo “Dysfashional” au Passage du Désir, à Paris, du 30 octobre au 29 novembre 2009

30 octobre 2009

Dysfashional Paris/Berlin, Passage du Désir, Paris - 30 octobre au 29 novembre 2009

Hier soir, vernissage de l’expo Dysfashional : Exposition et performances à la frontière de la mode et de l’art contemporain, Passage du Désir à Paris. Bon, comme avec tout vernissage, le spectacle est dans la salle plutôt que dans les œuvres, difficilement accessibles en raison de la foule qui encombre les allées, un verre d’un cocktail sponsorisé par une grande marque de vodka à la main… Un phénomène accentué par le lieu de l’exposition elle-même : Passage du Désir est une structure hébergée par l’agence de publicité BETC Euro RSCG Paris.

Dysfashional est une expo itinérante (Luxembourg, Lausanne, Paris donc, et Berlin l’été prochain) conçue par Luca Marchetti et Emanuele Quinz, commissaires de l’exposition. Elle met en scène de grands noms de la mode (Hussein Chalayan, Raf Simons, Martin Margiela…) invités à faire œuvre “d’artiste” (et non pas exposer des pièces de leurs collections). Lisez la suite de cette entrée »


Brèves de quali #002 – Alcool, paris sportifs et Net

27 octobre 2009

Scanner cérébral, coupe axiale - © 2005 - 2009 Info-radiologie.ch

Aujourd’hui, notre Suédois poursuit dans la veine de l’hommage rendu à George Best, publié il y a quelques jours :

“Il y a un tabou socialement : c’est accepté de boire trois bouteilles de vin dans la semaine, mais pas de parier, c’est pas toujours très bien vu ! Au moins, avec le Net, on peut parier de chez soi dans l’anonymat, et ça fait pas de trous au cerveau !” (homme, 35-45 ans, Stockholm, sept. 2009)

Le Net, c’est pas comme le mojito, ça fait pas de trous dans ta tête…

(Brèves de quali, ce sont, sur le modèle des célèbres Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio, des phrases réellement prononcées ou écrites par de “vraies gens”, au détour d’une étude qualitative ou d’un questionnaire, et scrupuleusement notées et retranscrites par l’auteur de ce blog).


“Le délire des sages” : Norton Maza à la galerie Bendana-Pinel, à Paris

23 octobre 2009

Norton Maza, Cochons de plaisir, 2009 - Courtesy Galerie Bendana-Pinel

Il n’est jamais trop tard pour faire part d’une belle découverte, même si l’exposition Le délire des sages, de Norton Maza, prend fin le 24 octobre, et que l’actualité est dominée par la tenue de la Foire Internationale de l’Art Contemporain (FIAC) (du 22 au 25 octobre au Grand Palais, et ailleurs dans Paris, en off)…

Norton Maza, artiste originaire du Chili, propose des “maquettes photographiées et encadrées” qui reconstituent des scènes emblématiques et tragiques de notre monde contemporain : crise financière et économique, guerres, déséquilibres Nord-Sud, etc. Ses séries Le délire des sages (2009) et Parcours du désir (2006) sont exposées à la galerie Bendana-Pinel, à Paris, en partenariat avec Photoquai (2ème biennale des images du monde, organisée par le Musée du Quai Branly). Lisez la suite de cette entrée »


La guerre du bleu : “Le bleu du ciel” de Georges Bataille vs. “Bleu Ciel” d’EDF

19 octobre 2009

Georges Bataille, Le bleu du ciel - Collection L'Imaginaire/Gallimard

Tapez “le bleu du ciel” dans Google, et voici ce que vous devriez obtenir :

A ma gauche, un produit ou une marque d’EDF, Bleu Ciel, dont je n’ai toujours pas compris ce que c’était, malgré plusieurs années d’une campagne de pub d’ailleurs assez moche (ceci expliquant peut-être cela). Bleu ciel d’EDF : 0.

A ma droite, un récit de Georges Bataille, Le bleu du ciel, écrit en 1934-35, et publié pour la première fois dans son intégralité en 1957. Lisez la suite de cette entrée »


Brèves de quali #001 – George Best

15 octobre 2009

George Best - Allposters.fr

Ce n’est pas parce qu’on a des hobbies qu’on n’en est pas moins homme, avec un vrai travail de direction d’études et de planning stratégique et tout. Voici donc, sur le modèle des célèbres Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio, des Brèves de quali : ces phrases réellement prononcées ou écrites par de “vraies gens”, au détour d’une étude qualitative ou d’un questionnaire, et scrupuleusement notées et retranscrites par l’auteur de ce blog.

Aujourd’hui, un Suédois rend un vibrant hommage au footballeur nord-irlandais George Best, “considéré comme l’un des plus grands attaquants britanniques de l’histoire”, et également buveur, noceur et fêtard impénitent :

“Le foot a été inventé au XIXème siècle pour éviter que les gens ne meurent d’alcoolisme, et puis on s’est rendu compte qu’on pouvait marier foot et alcool, et là c’était foutu…… Regardez George Best, il a eu trois transplantations du foie, après sa première, il est allé faire une tournée des bars pendant huit heures, ça m’a vraiment ému !” (homme, 35-45 ans, Stockholm, sept. 2009)

A savourer sans modération !